Titre de l’analyse de Yann Arthus-Bertrand dans le Journal Le monde daté du 4 septembre 2018. Les Amis de la forêt ressentent la même chose en ce qui concerne l’appendice du tram-train 13 entre la gare du RER A et celle de Grande Ceinture à Saint-Germain-en Laye.

Entre 2008 et 2012, la procédure pour la réalisation de cet appendice à partir du tronçon existant entre le tronçon Noisy-le Roi la Grande Ceinture de Saint-Germain -en-Laye a été l’exemple même d’un exercice de démocratie d’apparence pour formaliser l’adoption d’une solution déjà décidée par avance par les politiques et la technostructure, au motif d’une pseudo amélioration de la mobilité des Saints Germanois, mais à l’encontre de l’efficacité de l’ensemble du projet :

  • Pas d’analyse de l’inclusion de cet appendice dans les besoins généraux de mobilité, la réalisation d’enquêtes tronçon par tronçon en est la démonstration,
  • Pas d’évaluation du trafic basée sur des données solides : sur le tronçon de ligne existant, 10 000 voyageurs/jour avait été prévus et la réalité se situe à moins de 500 voyageurs/jour et ceci sans évoquer le déficit estimé à 9 millions d’euros d’après le chiffrage obtenu par l’EPESG en 2009,  
  • Pas de présentation , ni donc d’évaluation d’un scénario alternatif qui aurait pu être une navette électrique (à terme autonome) couplée avec une piste cyclable.

Le résultat, c’est près de 5 hectares de forêt rasée le long de l’avenue des Loges avec la destruction partielle de l’alignement des arbres allant depuis les loges jusqu’au château. Dans l’enquête publique, il était prévu de détruire 2,5 hectares sur le massif. C’est donc près du double qui a été défriché et pour le surplus, sans autorisation ! Par ailleurs, l’ONF se réserve la possibilité de couper une bande plus large qui représente près de 3 hectares, si les arbres de pleine forêt, devenus des arbres de lisière, dépérissent.

A ce jour, ni Ile de France Mobilités ni l’ONF n’ont été à même de nous donner la surface exacte de la déforestation. Il est aussi prévu sous le parc à l’entrée de la grille des Loges, un tunnel dont le résultat sera l’abattage de tous les arbres de cette partie du parc avec une hauteur et une qualité de sol moindre pour replanter. Surtout nous n’avons toujours pas la liaison directe Cergy-Versailles qui permettait de diminuer le nombre de véhicules sur la rue Priolet.

Cet appendice, qui a toute raison de ne pas être rentable, tout en contribuant à la destruction d’un patrimoine naturel et historique, ne répond pas aux vrais besoins de mobilité des Saint Germanois.

C’est aussi la marque de l’échec des grandes ONG de protection de l’environnement qui ont été trop dans l’idéologie et n’ont pas agi sur des problèmes concrets avec une vision d’ensemble.

C’est aussi la responsabilité de nos associations locales qui n’ont pas su assez coopérer et intéresser les jeunes.

C’est aussi le constat qu’en région parisienne, depuis une vingtaine d’années, de nombreux habitants se sentent moins attachés à la qualité de leur territoire.

Ce n’était pas la situation dans les années 80-90, au cours desquelles, pour ne pas voir l’A14 couper la terrasse de Le Nôtre et la forêt, une manifestation rassemblant plus de 3000 personnes avait eu pour résultat la rencontre entre Michel Péricard et François Mitterrand, débouchant sur une réalisation respectueuse de l’environnement et rentable.